La langue orale à l’école élémentaire 02/03/09

(actualisé le ) par Corine do Nascimento

La langue orale à l’école élémentaire
  
Des ouvrages didactiques qui traitent de ce sujet :
 
- Maîtriser l’oral, cycle 3, Magnard (un projet donné avec les compétences à aborder et les objectifs des programmes, pour chaque niveau de classe).
-  Pratiques orales de la langue à l’école, séquences didactiques cycle 3, Claude Le Manchec, Delagrave, collection savoir et savoir faire
 
  I. Apports théoriques sur les différentes fonctions du langage : (cf. annexe 1)
 
Schéma des situations de communication et des fonctions du langage
 
La fonction Phatique  : Entrer en contact avec l’autre en l’interpellant, en se présentant.
 
La fonction référentielle : Quelle fonction je vais avoir quand je veux prendre la parole ?
Nommer, décrire des objets, des actions, raconter, relater, expliquer, transmettre une information.
Ex : pour décrire des actions je vais utiliser des verbes génériques.
La fonction expressive  : Passe par le lexique, la syntaxe et parfois juste une intonation.
 
La fonction impressive  : A le pouvoir de faire bouger l’autre. Reste souvent dans quelque chose de très implicite.
Ex : « Thomas !! »
Ne marche pas dans l’enrôlement de la tâche →On croit que l’enfant a compris et ce n’est pas le cas. Il faut donc s’efforcer d’être le plus explicite possible.
Exemple inverse : Un enfant vient demander de l’aide et le formule en fonction référentielle "le bouchon est coincé". Il ne pense pas à préciser la question. L’enseignant, s’il n’y prête pas attention, peut ne pas reconnaître la fonction impressive. En réalité l’enfant veut demander de l’aide pour ouvrir la bouteille. Il est du devoir de l’école de proposer aux élèves des situations qui les amènent à se poser des questions.
 
La fonction poétique : On la retrouve dans certains albums et c’est souvent une fonction très résistante.
 
La fonction métalinguistique  : est spécifique à l’école, c’est parler sur le langage.
Comment entrer dans cette fonction ?
Tant que le concept n’est pas construit, c’est difficile d’y entrer. Ne pas étiqueter trop tôt. Travailler la manipulation pour que l’étiquetage fonctionne.
Le mot qui désigne l’outil n’est pertinent que lorsque les élèves commencent la conceptualisation.
 
Il faudra toujours être vigilant sur notre propre langage.
Ex : Est-ce que vous allez vous taire !
C’est une question qui ne demande pas de réponse. On installe ainsi des confusions chez les enfants.
 
 
II. Quand on veut travailler l’oral, quels types de compétences on veut installer ?
 
On n’arrivera pas à travailler les 3 types de compétences suivantes en même temps.
 
Compétences communicationnelles  : C’est apprendre à prendre part à un échange.
 
Comment faire travailler sur ces compétences communicationnelles ?
 Il va falloir générer un certain nombre d’activités pour savoir quand je dois prendre la parole, écouter les autres, reprendre le dialogue.
· Utiliser la vidéo :
L’oral doit se travailler comme la production d’écrit, c’est-à-dire de manière différée. Il faut que les élèves se voient en situation de prise de parole pour comprendre ce qui va, ce qui ne va pas et proposer des solutions. Filmer est une possibilité. On ne peut pas travailler si on dit « Tu as vu tout à l’heure, tu parlais en même temps ». C’est déjà passé, le moment est fugace.
· Entraîner l’oral en petits groupes :
Avant que la communication puisse se faire en grand groupe, il faudra passer par un travail en petit groupe. S’inspirer du mode de fonctionnement de la maternelle.
Désigner des observateurs qui prendront des notes sur les attitudes des élèves et relateront au reste du groupe.
Le rôle de récepteur actif peut être renforcé par la mise en observation d’un groupe d’élèves en discussion. Le récepteur/observateur devra prendre en compte l’oral de l’autre pour pouvoir en discuter ensuite.
 
Compétences textuelles ou discursives : Pourquoi vais-je prendre la parole et avec quels objectifs ?
Si je suis en train de raconter, ce n’est pas pareil que questionner etc….
On va apprendre à leur montrer comment l’oral peut être un objet de travail.
On travaille sur le langage dans un film.
Ex : Comment s’y prennent les personnages pour parler entre eux ?
 
Compétences linguistiques : Comment vais-je prendre la parole ? Avec quels outils ?
Moyen d’expression pour l’élève, pour le maître
Il faudra bien prendre en compte le langage et la syntaxe dans lesquels l’élève a évolué.
L’oral est à la fois un moyen d’expression, d’enseignement, du maître, mais aussi de l’élève.
 
Moyen d’enseignement :
Pour le maître, créer des situations pour que l’enfant puisse aussi enseigner aux autres → bilans, exposés. Mais attention la question de l’exposé ne va pas de soi. Dans la plupart des cas, il se réduit à un moment de lecture pour l’élève.
 Il va donc falloir programmer une séquence d’apprentissages à travailler en plusieurs séances. On pourra démarrer par une séance bilan, en sciences par ex, où l’enfant va d’abord apprendre à rapporter, puis les apprentissages seront progressifs.
 
Langage objet d’apprentissage et objet d’enseignement
Comment engager des séances d’observation de l’oral produit ?
Aller vers l’oral spontané.
Les rendre autonomes, capables de réagir à l’oral de l’autre.
 
 La place du maître/de l’élève  : Il est important de prendre appui sur ce que dit l’autre. Pour prendre conscience de cela il faut en garder des traces et donc filmer ou enregistrer (mais, sans l’image, on perd la gestuelle) des courts moments de langage oral dans la classe.
Il faut apprendre aux élèves à faire de l’oral un outil de travail.
 
La démarche de filmer doit être amenée avec tact. Il faut expliciter l’intérêt d’utiliser cet outil et commencer par observer d’autres productions d’oral avant d’observer celles de sa propre classe (un film, une autre classe...).
Il faut pour cela avoir ciblé très précisément son objectif.
 
Il faut rendre les élèves autonomes dans leur prise de parole et leur permettre à tout moment de réagir à l’oral de l’autre.
 
Travailler davantage l’oral permet d’être plus à l’aise à l’écrit. On peut préparer des productions d’écrit d’abord à l’oral.
III. Des exemples de dispositifs qui renvoient aux apports théoriques
    1. Visionnage d’extraits du film "Le Papillon" :
Choisir de courts extraits de ce film pour illustrer les types de discours. Mais pour choisir des extraits il faut être au clair sur les pratiques discursives.
 
Exemple d’entrée dans le dialogue. Plutôt que de passer par un texte écrit, on choisira un court extrait où il y a un jeu de questions/réponses entre les 2 personnages : « Tu sais comment ça naît un papillon ? »
On retrouvera la forme du discours explicatif. On dira aux enfants "le monsieur explique à la petite fille comment va naître le papillon". Puis il va être question d’observer dans les détails comment il s’y prend pour le faire :
Emploi d’un lexique spécifique …
 
Deuxième entrée possible : Le discours argumentatif. Comment persuader (argumentation) ? Argumenter en manipulant. Travailler la part d’implicite. Comment fonctionne la communication ? Qui parle à qui ? Pourquoi ? Comment ? Quel est l’objectif de chacun ?
Le travailler comme on le travaillerait à l’écrit.
 
Troisième entrée : Le récit. Il raconte une histoire. Qu’est-ce que c’est que raconter ? Différence avec la lecture.
 
Discours descriptif : savoir décrire.
Observation des visages, des regards. On peut identifier les moments d’écoute, d’attention. L’un parle après l’autre. Regard fixe, au loin.
Comment ça se passe quand on écoute l’autre.
Les rebondissements sur la parole de l’autre.
 Explicitation de l’implicite :
« C’est quoi le diminutif d’Elsa ? »
« Rien »
 « Tant mieux ! C’est nul d’être un diminutif
 
 
    1. Extrait "Le Grand Amour du bibliothécaire", E. Brisou-Pellen : (cf. annexe 3)
· Il faut faire un réel travail sur tutoiement/vouvoiement. Observer le passage du tutoiement au vouvoiement. Qui on tutoie ? Qui on vouvoie ?
· Aller chercher dans le texte la phrase qui montre que le personnage s’explique, s’étonne, se questionne…
· Revoir le fonctionnement où on retrouvera le jeu de questions/réponses
· Penser à travailler sur des séquences de dialogue en ayant comme objectif de savoir comment les relations s’établissent entre les personnages.
· Passer par des exercices d’improvisation, à l’oral, à partir de textes ouverts :
-  Balthazar, G de Penart.
- Peau de lapin, Michael Ollivier, collection petites poches, chez Thierry Magnier 
- Un ange au balcon, d’Hortense Cortex
 
Faire jouer la suite du récit par exemple. On prépare à deux.
 
Après l’analyse d’oral dans un film, puis à l’écrit on peut les amener à regarder comment on s’y prend pour communiquer dans la classe.
 
 
Annexe 3 : Travail sur le tutoiement et le vouvoiement, extrait du manuel LittéO CM1 (p.40 à 44) à partir du roman "Le Grand Amour du bibliothécaire", E. Brisou-Pellen